sophie-87@bw.heraut.eu reseñó Normal People de Sally Rooney
Entre intimité et silence
5 estrellas
Normal People m’a impressionnée par la précision avec laquelle Sally Rooney observe une relation qui semble simple vue de l’extérieur, mais qui est en réalité pleine de malentendus, de différences sociales et de besoins que les personnages ne savent pas exprimer. Marianne et Connell se rencontrent au lycée d’un petit village irlandais. Leur lien naît en secret, conditionné dès le début par la popularité de lui et l’isolement d’elle. (Plus de critiques de livres: Love Books review)
Marianne m’a paru être une héroïne très complexe. Elle est brillante, directe et apparemment sûre d’elle, mais elle porte aussi en elle un profond sentiment de ne pas mériter qu’on s’occupe d’elle. Sa famille la traite avec froideur et violence émotionnelle, et cette expérience influence la manière dont elle accepte des relations qui lui font du mal. Rooney ne réduit pas sa souffrance à une explication simpliste. Elle la montre à …
Normal People m’a impressionnée par la précision avec laquelle Sally Rooney observe une relation qui semble simple vue de l’extérieur, mais qui est en réalité pleine de malentendus, de différences sociales et de besoins que les personnages ne savent pas exprimer. Marianne et Connell se rencontrent au lycée d’un petit village irlandais. Leur lien naît en secret, conditionné dès le début par la popularité de lui et l’isolement d’elle. (Plus de critiques de livres: Love Books review)
Marianne m’a paru être une héroïne très complexe. Elle est brillante, directe et apparemment sûre d’elle, mais elle porte aussi en elle un profond sentiment de ne pas mériter qu’on s’occupe d’elle. Sa famille la traite avec froideur et violence émotionnelle, et cette expérience influence la manière dont elle accepte des relations qui lui font du mal. Rooney ne réduit pas sa souffrance à une explication simpliste. Elle la montre à travers des décisions, des silences et des moments où Marianne semble demander moins que ce dont elle a besoin.
Connell possède une sensibilité différente, mais non moins intense. Il est intelligent et attentionné, mais vit en se souciant constamment du regard des autres. À l’adolescence, il laisse la pression de ses amis déterminer la manière dont il traite Marianne. Plus tard, à l’université, les différences économiques s’inversent et il découvre une insécurité qu’il ne comprenait pas auparavant. Ce qui m’a le plus intéressée, c’est l’incapacité des deux personnages à s’exprimer clairement au moment même où ils s’aiment le plus. Parfois, ils se séparent non pas parce qu’ils ont cessé d’éprouver des sentiments, mais parce qu’ils interprètent mal les gestes de l’autre. Cette frustration peut être douloureuse, mais elle ne m’a jamais semblé artificielle. Le roman part du principe que la vulnérabilité ne rend pas automatiquement les gens éloquents.
J’ai également apprécié la description des classes sociales. L’éducation permet à Marianne et Connell de changer de milieu, mais n’efface pas les traces de leurs origines. L’argent, les amitiés, le logement et le sentiment d’appartenance à un lieu influencent sans cesse leur relation. Rooney intègre ces éléments sans en faire un discours étranger aux personnages.
Le style est sobre et proche. Les dialogues sont généralement dépourvus d’explications superflues, ce qui oblige le lecteur à percevoir ce qui n’est pas dit. Cette retenue confère aux moments de tendresse une force particulière.
À la fin de Normal People, j’ai eu le sentiment d’avoir lu une histoire d’amour, mais aussi une histoire sur le fait de grandir sans abandonner complètement la personne que l’on était. Pour moi, Rooney montre que l’intimité peut survivre à de nombreuses distances, même si l’on ne sait pas toujours trouver les mots justes.